POLITIQUE

Sommet Afrique-France

Sommet Afrique-France un tonneau vide en 6 points. Ou la France qui parie sur le bon cheval pour séduire un continent qui lui tourne peu à peu le dos.

1. La base est fause: cette rencontre pouvait se tenir dans un cadre différent . D’aucuns auraient donc parlé d’une recontre officielle entre Macron et des jeunes Africains. Mais utiliser la tribune de la françafrique pour échanger avec le civil africain c’est tout simplement confirmer la superpuissance de l’institution coloniale qu’est cette françafrique. Un symbole, une image forte de domination d’un président face, cette fois ci, à “tout un continent” ( le peuple). Lorsque l’on sait que ses dirigeants sont reconnus dans le discours populaire comme employés de la françafrique donc moins légitimes pour façonner le nouveau visage de la belle institution coloniale.

2. Le leader de la république en marche est un expert en communication politique. Il sait qu’il ne peut pas avancer en Afrique sans s’assurer ou vérifier qu’il est bien suivi par la force vive africaine qu’est sa jeunesse. Donc il est prêt à se prendre les paroles les plus indigestes car celles-ci ne feront jamais plus mal que les actes de refoulement de la France en Afrique. Tels que les marchés publics donnés à la Chine, les accords militaires avec la Russie, les entreprises publiques privatisés au profit des Américains etc. Il faut donc courtiser le peuple qui soutien ce refoulement. Il faut le séduire, le reconquérir pour le rendre un peu plus manipulable/instrumentalisable.

Admettons donc que la base est fausse mais nous y sommes quand même.

3 . Le caractère extrêmement vide du débat.

Il fallait s’y attendre. Le panel invité n’avait pas le profil de faire mais celui de dire. L’exercice de fond était donc très caricatural. Macron aurait en face de lui le DG de Codilait (Pius Bissek) par exemple, que l’échange serait moins jouissif et plus concret. Pour rappel codilait était un géant laitier Camerounais aujourd’hui en faillite. L’entreprise est tombée à cause de la concurrence déloyale dont elle a été victime face aux entreprises européennes qui bénéficient des subventions, des coûts de production réduites, d’exemption d’impôts ainsi que du pouvoir d’achat et d’échange que leur confère le franc cfa et les APE. Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

4. Il aurait donc été intéressant de voir des acteurs économiques, tout secteur confondu qui mettraient devant le représentant français des faits réelles. Loin des slogans bidonnés pour allaiter les nourrissons… on aurait donc lu sur les lèvres, les véritables raisons du coût élevé du pétrole africain lorsque le Moyen-Orient en fourni en abondance et du coût qui baisse drastiquement lorsqu’il y a pénurie; même traitement pour les produits exclusif exports pour lesquels nous ne définissons pas nous-mêmes les prix. On aurait vu un jeune agriculteur, une jeune styliste, un jeune ingénieur, une jeune scientifique etc expliquer concrètement dans quel mesure le franc cfa, les Ape, la friperies, les géants comme carrefour, les firmes pharmaceutiques etc empêchent l’expression du génie africain. On aurait là l’occasion d’évaluer les changements concrèts sans besoin de chercher le livre d’Achille Bembe. Juste des changements terre à terre que pourraient témoigner ces jeunes entrepreneurs quelques heures après la rencontre.

5. Il aurait été intéressant de voir des jeunes politiques africains peut-être même poussés à l’exile en France après avoir été victimes des operations de maintien ou de mise au pouvoir par l’armée française des prefets africains. Ceux-là qui auraient présenté la malice des interventions militaires de la France pour installer leur préfets à la tête de nos États et l’impact que ceci a concrètement sur la jeunesse. Concrètement ils pourraient mettre la France face à ses responsabilités et nous pourrions évaluer dans les prochains jours, les améliorerations. Exemple: rencontres entre ces jeunes et les dirigeants africains pour installer une atmosphère de confiance afin de laisser la concurrence politique remplacer la répression armée. Même-si nous l’admettons, il es erroné de penser l’Afrique à Montpellier. Mais ce serait nier la réalité que de laisser nos dirigeants(surtout ceux érigé par la France) faire ce pas d’eux-mêmes.

6. Aurait-il réellement un sommet entre la France et les Africains que seraient discutés les intérêts de ces africains en France. Les raisons véritables de la vulgarisation de la parole raciste dans les médias français, les problèmes que rencontrent les entreprises africaines en France…pourquoi Fokou par exemple aurait du mal à conquérir le marché français ? Pourquoi les autres géants africains ont des difficultés à avoir des filiales en France pourtant les entreprises françaises s’implantent facilement en Afrique ? Du concret et rien que du concret.

Qu’est-ce qu’il en ressort véritablement de ce sommet?

La victoire de Macron. Il est president de la France et il a reussi en une journée à présider l’Afrique. C’est une action forte aux yeux de ses concurrents. Surtout que le debat n’a pas foulé le sol français, celui des intérêts de l’Afrique en France. Il a aussi montré aux français que tout n’est pas perdu en Afrique. C’est un bosseur. Il travaille pour son pays. Ceci ne peut pas lui être reproché. Pour protéger les intérêts de son pays, il sait se prendre les giffles (même verbales).

Cependant pour l’Afrique rien n’a changé du moins en notre faveur. Au contraire…nous avons donné l’occasion à l’homme de savourer la patate crue. Vous pouvez lire les commentaires de jeunes Africains: “bravo notre président”, “Mr. vous êtes le meilleur président bravo et merci beaucoup”. Donc la séduction porte ses fruits.

Ceux qui sont encore lucide vont-ils rester éveillé ou alors replongeront-ils eux aussi dans un profond sommeil ? Rappelons-le l’esclavage a duré 400 ans la colonisation 100 ans donc nous avons en face des personnes qui ne savent pas lacher prise.

9.10.2021 Dolly Afoumba.

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