HISTOIRE, NOS PROJETS, POLITIQUE

Administration allemande et gestion des ressources au Cameroun 1884-1916

 

1916-2016, cela fait 100 ans que l’Allemagne quittait le Cameroun à la suite de la première guerre mondiale. Le Cameroun est l’un des pays africains qui a un passé colonial exceptionnel du fait qu’il a subi la domination coloniale allemande et celle Franco-Britanique dont les motivations d’expansion d’outre mer s’inscrivent davantage dans les logiques d’hégémonie, de démonstration de la puissance et du commerce. Cependant, l’Allemagne est la première puissance européenne à prendre possession et entamer le processus de mise en valeur des terres du Kamerun allant de 1884 à 1916. La période allemande au Kamerun est relativement courte mais très significative et celle-ci a marqué les consciences humaines tantôt positive, tantôt négative. Le patrimoine légué par les Allemands dans divers domaine à la suite de leur départ fait l’objet de recherche historique et archéologique. Les oeuvres allemandes sont aujourd’hui constitutives de l’historicité de cette brève période coloniale. Aussi, ce même départ suscita un ressentiment partagé dont les plus favorables à la présence allemande furent connus sous l’appellation de germanophiles. Lorsque les allemands prirent possession du Cameroun, à l’issue du traité germano-douala, l’administration a défini un cadre normatif de gestion des ressources naturelles. C’est ainsi, qu’une politique d’inventaire des ressources naturelles leur a permis de mettre en place un système d’appropriation ou de propriété et d’exploitation afin d’approvisionner les industries métropolitaines en matières premières. Dans le même sens, l’administration allemande élabora un cadre juridique de protection des ressources naturelles notamment foncières et forestières, ce qui lui donne le pouvoir de contrôle et de décision sur l’ensemble des ressources de la colonie. Dans le souci de revisiter l’histoire coloniale de l’environnement sous la période 

 

allemande et de contribuer à l’historiographie de l’Allemagne au Cameroun, le présent travail sur la base des données écrites et des données orales ambitionne de montrer comment l’administration allemande avait géré les ressources naturelles de ses colonies. Autrement dit, en quoi a consisté le système allemand de gestion des ressources naturelles ? Quel bilan tiré de la gouvernance coloniale des ressources naturelles ? Ces interrogations essentielles constituent la charpente autour de laquelle s’est construit le corpus. Il s’agit là, d’une reconsidération, de la perception et du regard sur l’oeuvre et l’héritage allemand sur le plan écologique et environnemental qui s’inscrit dans la dynamique de l’interaction environnement sociétés, devenu un champ privilégié de recherche dont l’intérêt est grandissant en Histoire dans un contexte de prise conscience sur les changements globaux. L’histoire de l’environnement contribue ainsi au décloisonnement des objets d’étude et partage avec l’histoire globale l’ambition de reconceptualiser le devenir historique [1]. Le présent travail est structuré autour de trois parties essentielles dont la première porte sur la fondation des colonies allemandes avec en filigrane le cas du Kamerun. La deuxième partie s’intéresse à l’exploitation des ressources du Kamerun. Et enfin, la troisième partie analyse, les politiques de protection de l’environnement.

La tendance vers une protection écologique

S’intéresser à la question de la protection de l’environnement pendant la période coloniale, revient à revisiter les actions et les mesures prises par les allemandes en vue de la préservation de l’environnement dans les pays sous protectorat. La protection de l’environnement doit être encadrée par des textes juridiques constituant de ce fait, la première mesure d’envergure qui permet de fixer et de circonscrire le cadre d’actions pouvant être engagées par des différents acteurs.

En second lieu, il s’agit des actions de terrain qui s’inscrivent dans le cadre de la restauration et de la protection de l’environnement en proie aux menaces d’origine anthropique. La combinaison

des textes juridiques aux actions de terrain constitue de façon globale les initiatives de protection de la nature dans un contexte de réchauffement climatique dont les causes remontent à la période de la révolution industrielle duXVIIIe siècle. Les colonisateurs dans leur politique

de mise en valeur des colonies apparaissent à la fois comme des acteurs de destruction de l’environnement pour des intérêts industriels et des acteurs de protection de l’environnement à travers quelques engagements que l’on rencontre

dans les archives coloniales. Cette dualité

d’actions en rapport à l’environnement naturel tire son essence dans la longue marche de l’histoire du Kamerun en contact avec les puissances extérieures. 

Peut-on dire au regard de l’histoire

coloniale que l’Allemagne avait posé les bases de la politique de protection de la nature dans ses colonies d’Afrique voire d’Océanie ? Ainsi, il devient important de s’intéresser aux mesures de protection de l’environnement sous la période allemande. S’il est admis que l’exploitation foncière et forestière par les puissances européennes avait ouvert la voie à la destruction de l’écologie des

pays sous domination étrangère, il y a également dans l’histoire des oeuvres coloniales des mesures qui s’inscrivent dans le cadre de la protection de

l’environnement. En tout cas, l’Allemagne, dans le cadre de la mise en valeur du Kamerun a pris certaines mesures visant la protection de la nature et celles-ci se déclinent en ordonnances. Les archives coloniales montrent que ces ordonnances

concernent le domaine forestier et le domaine foncier. C’est ainsi qu’il a été mis en place, la police de la chasse et de la pêche. En rapport avec cette police, l’arrêté du gouverneur du 29 novembre

1892 en rapport avec la chasse des éléphants et des hippopotames stipule que : « celui qui veut chasser l’éléphant ou l’hippopotame dans le but commercial doit préalablement se pourvoir d’un permis, delivré contre le versement d’un droit de 2000 à 5000 marks. Les contrevenants sont punis d’une amende s’élevant à 5 000 marks voire de l’emprisonnement jusqu’à trois mois. » 

Il existe d’autres arrêtés qui s’inscrivent dans le cadre de la protection des espèces animales. C’est le cas de l’arrêté du 15 février 1900 qui interdit sous peine de sanction, la chasse des éléphant par

battue, c’est-à- dire en les cernant par incendie. 

REFERENCES

 

  • Rudin HR. Germans in the Cameroons 1884-1914.
  • Chéradame A. la colonisation et les colonies allemandes. Paris : Plon-Nourrit et Cie, Imprimeurs-éditeurs;

1905.

  • Boubin-Boyer S. « l’importance des colonies allemandes de l’Océanie en 1914 », document électronique; Format pdf.




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